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La haine est à l'agonie

La haine est à l’agonie

La haine est à l’agonie

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 La haine - Gunther Anders

La haine est à l’agonie

C’est un drame pour l’humanité, nous ne sommes plus capables de ressentir de la haine. Ni pour nos victimes, ni pour nos bourreaux. Plus le temps, plus l’envie. C’est l’indifférence qui nous caractérise. Nous ne savons plus haïr. Nous ne cherchons plus à haïr. Nous ne savons même pas que nous ne savons plus haïr.

Nous continuons à nous entretuer mais nous nous enorgueillissons du fait que nous le faisons désormais sans haine. Nous sommes comme ce boucher qui découpe froidement son cochon, tout cela n’a rien de personnel. « Et l’idée qu’il eut mieux valu haïr sans tuer que tuer sans haïr ne vient à l’esprit d’aucun d’entre nous ».

Si la haine fut jadis nécessaire pour tuer, elle est aujourd’hui caduque. Pourquoi aurions-nous besoin de haïr ceux et celles que nous tuons chaque jour sans le savoir puisque nous ne les voyons pas plus que l’ouvrier n’entrevoit le produit fini sur sa chaîne de production. Tout est devenu abstrait, confus, lointain. Nous n’avons plus d’ennemi, plus de combat, seulement des tâches à accomplir, machinalement.

« Temps de bonté que ceux où les guerriers se menaçaient et s’abattaient encore les uns les autres, où les guerres étaient conduites encore par des gens capables de haine. A tout prendre, ces gens-là étaient encore des humains. Et ceux qui se haïssaient mutuellement pouvaient à la rigueur cesser un jour aussi de haïr ; et par là cesser aussi de combattre ; et par là cesser aussi d’anéantir ; ou peut-être même commencer à s’aimer. »

Il est grand temps de réanimer la haine.

>>> Découvrez l’essai « La haine » de Günther Anders

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