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Plastique : la grande arnaque du recyclage

Plastique : la grande arnaque du recyclage

Plastique : la grande arnaque du recyclage

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Plastique : la grande arnaque du recyclage

Parmi les 4 symboles ci-dessous, un seul certifie que l’emballage plastique sur lequel il est affiché est théoriquement recyclable. Serez-vous capable de l’identifier ? On vous souhaite bonne chance… Réponse dans la suite de l’article.

Symbole tri déchets plastiques

Les 3 autres symboles – vous les retrouverez à coup sûr en jetant un oeil aux produits qui trainent dans vos placards, frigo, ou salle de bain – ont été conçus et popularisés à l’initiative des lobbies du plastique pour berner le consommateur, ce grand naïf. L’objectif particulièrement vicieux de ces logos consiste à semer la confusion dans l’esprit du consommateur de façon à ce qu’il se dise à peu près ceci : « je ne suis pas certain que ce symbole signifie que le packaging est recyclable, mais dans le doute, je le mets dans la poubelle de tri car cela me donne l’impression d’agir pour l’environnement».

Car même si le consommateur ne se préoccupe que modérément de la question environnementale, mieux vaut tuer dans l’œuf ses frêles velléités écologistes. Il faut éviter à tout prix – au prix de l’éthique, de la morale, du vivant – que le consommateur ne se détourne des emballages plastique. Les ventes de plastique rapportent gros, elles doivent continuer à croître, et pour ça le recyclage – ou plutôt l’illusion du recyclage – constitue la stratégie parfaite.

« Si le public pense que le recyclage fonctionne, alors il ne sera pas aussi préoccupé par l’environnement »

Dans le documentaire « Plastic War » (2020), un ancien haut responsable de l’industrie du plastique résume la stratégie en ces termes : « Si le public pense que le recyclage fonctionne, alors il ne sera pas aussi préoccupé par l’environnement [1]https://www.youtube.com/watch?v=-dk3NOEgX7o » (sic !). Et effectivement ça marche. Les familles, les écoles, les entreprises, les administrations, tout le monde trie consciencieusement ses déchets et s’imagine « faire un geste pour l’environnement ».

Mais bizarrement, plus on trie, plus on met d’ ardeur à bien séparer les plastiques mous des plastiques durs, et plus les montagnes de déchets plastiques s’accumulent dans la nature. Alors les lobbies, loin de se démonter pour si peu, renchérissent par l’intermédiaire des gouvernements et des associations bidon : « Triez mieux ! Triez plus ! ».

Et qu’importe si 91% des déchets plastiques sont brulés, jetés à la mer ou entassés dans d’immenses décharges[2]Dorothée Moisan, Les plastiqueurs, Editions Kero 2021, 20 p. pour la simple raison que la majorité d’entre eux est en réalité impossible à recycler. Il faut rejeter la faute sur le citoyen prétendument indiscipliné afin de détourner l’attention des entreprises qui lui imposent les emballages en plastique. Tant que le citoyen continuera à croire que la solution à la pollution plastique réside dans le recyclage et l’amélioration du recyclage, il ne s’attaquera pas au véritable problème : la production. Car pendant que le citoyen trie, le producteur, lui… il produit.  Et il produit plus, beaucoup plus : 450 millions de tonnes de plastique rien que pour l’année 2020[3]Ibid p. 18, un chiffre qui devrait doubler d’ici 2050 si l’on continue sur cette trajectoire. Et la quasi-totalité de ce plastique, malgré le tri, malgré le recyclage, finira dans la nature.

La règle des 3 D (Deny, Delay, Deflect) : nier, retarder, faire diversion.

L’industrie du plastique, à la fois l’une des plus lucratives et des plus polluantes au monde, a mis en place depuis une quarantaine d’année une stratégie similaire à celle poursuivie bien avant par l’industrie du tabac, notamment avec la règle des 3 D (Deny, Delay, Deflect) : nier, retarder, faire diversion. Leur objectif : gagner du temps pour continuer à faire un maximum de cash.

Il n’existe aujourd’hui plus un seul endroit au monde qui soit épargné par la pollution plastique. On en retrouve au fond des océans, dans les nuages, dans notre sang, dans nos poumons. Une récente étude a révélé la quantité hallucinante de plastique que nous ingérons chaque semaine à notre insu sous forme de microparticules : 5 grammes[4]Ibid p. 115. L’équivalent d’une carte de crédit !

Mais à cela aussi les plastiqueurs ont une réponse : « Le fait de détecter quelque chose ne signifie pas qu’il présente un risque pour la santé[5]Ibid p. 101 ». Bien vu. Sauf que…

Sauf que de nombreuses études ont bel et bien prouvé les effets néfastes du plastique sur notre santé (cancer, asthme, obésité, baisse de la fertilité[6]Ibid p. 147, …) mais les industriels continuent tout de même à nier en bloc. Au grand jour, ils font mine de chercher des solutions pour améliorer les techniques de recyclage et multiplient les campagnes de sensibilisation au tri. Dans l’ombre, ils poursuivent la stratégie exactement inverse. Grâce à des fuites internes, on découvre par exemple un rapport de Coca-Cola Europe (membre de l’association « Geste propre » !) datant de 2016 et portant le titre suivant : « Riposter contre la hausse des objectifs de collecte et de recyclage. Riposter contre les systèmes européens de consigne[7]Document stratégique du service communication de Coca-Cola Europe, Mars 2016, cité dans Dorothée Moisan, les Plastiqueurs, Editions Kero 2021, 101 p. ».

Pollution plastique

« Les sacs plastique sauvent des vies »

La meilleure défense, c’est l’attaque. Les industriels du plastique ne se contentent pas de prétendre que le plastique est inoffensif, ils clament haut et fort que « les sacs plastique sauvent des vies[8]Dorothée Moisan, Les plastiqueurs, Editions Kero 2021, 61 p. ». Profitant de l’opportunité qui a émergé avec le covid-19 pour surfer sur la peur liée à la contamination, ils ont relancé à coup de massives campagnes de communication le très lucratif business du « tout jetable » : gobelets à usage unique, masques à usage unique, poignées de caddy à usage unique… En 2022, grâce à sa propagande et son lobbying intensif, les 6 multinationales qui se partage 90% de l’industrie du plastique se portent mieux que jamais, et ce au détriment de tous les êtres vivants et de l’avenir de la planète.

Alors avant de conclure sur la signification de ces symboles expressément trompeurs, répétons-le encore une fois : La  véritable solution pour mettre fin au problème de la pollution plastique, ce n’est pas le recyclage, c’est la réduction de la production de plastique.

 

Trier ses déchets

Finalement, que signifient ces symboles ?

Symbole 1 : Il s’agit du logo « Point vert ». Il signifie ni plus ni moins que l’entreprise paye son éco-contribution comme l’exige la loi européenne depuis 1994[9]https://www.labelinfo.be/fr/label/emballages-point-vert.

Symbole 2 : Ce symbole veut simplement dire « Pensez au tri ! ».

Symbole 3 : Ce triangle composé de 3 flèches forme ce que l’on appelle un « ruban de Möbius ». Le chiffre situé à l’intérieur permet uniquement d’identifier le type de résine dont il s’agit et ne donne aucune garantie sur son caractère recyclable [10]https://www.easyrecyclage.com/blog/a-quoi-correspondent-les-logos-de-vos-emballages/. Cette signalétique a été mise en place par l’industrie américaine du plastique en 1988. Attention, le ruban de Möbius, sans chiffre à l’intérieur, était à l’origine bien destiné à désigner des matériaux recyclables, mais il peut être utilisé et détourné par n’importe quelle entreprise sans qu’aucun contrôle ne soit effectué. Il n’offre donc, lui non plus, pas la moindre garantie au consommateur[11]https://www.labelinfo.be/fr/label/emballages-mobius.

Symbole 4 : Ce symbole, appelé « Triman[12]https://www.labelinfo.be/fr/label/triman », est le seul parmi les 4 qui signifie officiellement que l’emballage qui le porte est théoriquement recyclable. Depuis 2015, il est obligatoire sur tous les produits de grande consommation qui peuvent être triés.

Pour approfondir, nous vous recommandons le livre de Dorothée Moisan, Les plastiqueurs (Editions KERO, 2021).

References

References
1 https://www.youtube.com/watch?v=-dk3NOEgX7o
2 Dorothée Moisan, Les plastiqueurs, Editions Kero 2021, 20 p.
3 Ibid p. 18
4 Ibid p. 115
5 Ibid p. 101
6 Ibid p. 147
7 Document stratégique du service communication de Coca-Cola Europe, Mars 2016, cité dans Dorothée Moisan, les Plastiqueurs, Editions Kero 2021, 101 p.
8 Dorothée Moisan, Les plastiqueurs, Editions Kero 2021, 61 p.
9 https://www.labelinfo.be/fr/label/emballages-point-vert
10 https://www.easyrecyclage.com/blog/a-quoi-correspondent-les-logos-de-vos-emballages/
11 https://www.labelinfo.be/fr/label/emballages-mobius
12 https://www.labelinfo.be/fr/label/triman

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